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Outils médicaux, IA et responsabilité :

  • Photo du rédacteur: Stéphanie Meurisse
    Stéphanie Meurisse
  • il y a 3 heures
  • 4 min de lecture

pourquoi l’expertise clinique ne remplace pas l’ingénierie logicielle (et pourquoi la structure de l’équipe fait toute la différence)


L’IA et les outils numériques occupent aujourd’hui une place centrale dans la pratique médicale. Cette évolution s’accompagne parfois de prises de parole très affirmées de certains médecins sur la conception, l’évaluation ou la fiabilité de solutions logicielles.


Le débat est sain. Mais il révèle aussi une confusion croissante entre expertise médicale et expertise technologique - une confusion qui n’est pas anodine, car elle engage directement la responsabilité médicale, juridique et réglementaire.


👉 Être médecin ne fait pas de soi un développeur logiciel, tout comme être développeur ne fait pas de soi un médecin. En santé, cette distinction n’est pas théorique : elle conditionne la sécurité des patients et la protection des praticiens.



L’expertise médicale est indispensable… mais elle n’est pas suffisante


Le médecin est au cœur du dispositif de soin.

Il maîtrise :

  • le raisonnement clinique,

  • les pièges diagnostiques,

  • la variabilité des pratiques,

  • les exigences du compte-rendu médical.


Son rôle est fondamental pour définir les usages, les besoins et les limites d’un outil. Mais concevoir, sécuriser et maintenir un logiciel médical est un métier à part entière, qui mobilise des compétences spécifiques :

  • architecture logicielle,

  • sécurité informatique,

  • gestion des données de santé,

  • conformité réglementaire,

  • validation, tests et traçabilité.


Lorsque ces dimensions sont sous-estimées, le risque ne porte pas sur l’outil en lui-même, mais sur l’acte médical qui en dépend.



Un outil médical engage directement la responsabilité du praticien

Un point reste trop souvent mal compris : 👉 quel que soit l’outil utilisé, le responsable du compte-rendu reste le médecin.


Cela signifie que :

  • toute erreur liée à un dysfonctionnement logiciel,

  • toute incohérence produite par un outil non maîtrisé,

  • toute perte ou altération de données,


peut avoir des conséquences directes sur :

  • la prise en charge du patient,

  • la responsabilité civile et pénale du praticien,

  • la crédibilité de l’établissement.


Pourquoi le développement de logiciels médicaux ne s’improvise pas

Développer un outil utilisé en contexte clinique ne se résume pas à « faire fonctionner un algorithme ». Cela suppose une chaîne de responsabilités et de garanties.


1. Des équipes de développement identifiées et compétentes


Un logiciel médical fiable repose sur :

  • des développeurs professionnels,

  • des architectes logiciels,

  • des spécialistes sécurité et conformité,

  • des processus de tests, de versioning et de maintenance.


👉 Ce sont des métiers, avec des normes, des méthodes et des obligations.


2. Un cadre réglementaire et contractuel clair

Un éditeur responsable doit pouvoir documenter :

  • les responsabilités respectives (éditeur / utilisateur),

  • les limites fonctionnelles de l’outil,

  • les conditions de mise à jour et de support,

  • les processus de validation.


Sans ce cadre, le risque est transféré implicitement vers le médecin utilisateur.


3. Un hébergement conforme aux données de santé (HDS)

Les données médicales sont des données sensibles. Leur traitement impose :

  • un hébergement certifié HDS,

  • des garanties de confidentialité, de traçabilité et de disponibilité,

  • une maîtrise stricte des flux et des accès.


Un outil qui ne respecte pas ce cadre expose les utilisateurs à des risques juridiques majeurs, indépendamment de sa qualité fonctionnelle.


Nomenclature, validation, traçabilité : des prérequis, pas des options

Un outil clinique sérieux doit s’appuyer sur :

  • des nomenclatures claires,

  • des structures de compte-rendu cohérentes,

  • des mécanismes de validation explicites,

  • une traçabilité complète des actions et des modifications.


Ces éléments ne relèvent pas du confort utilisateur. Ils sont indispensables pour :

  • garantir la lisibilité du compte-rendu,

  • sécuriser les échanges entre professionnels,

  • permettre des audits,

  • répondre aux exigences médico-légales.


La réalité d’un éditeur logiciel médical structuré

Chez Doctreen, la fiabilité de la plateforme repose sur une organisation pluridisciplinaire clairement identifiée, combinant expertises techniques, médicales et applicatives.


La technologie est développée par une équipe de vingt personnes :

  • des développeurs logiciels et des ingénieurs en intelligence artificielle, en charge de l’architecture, de la sécurité, de la maintenance et de l’évolution continue de la solution,

  • des radiologues référents, impliqués dans la définition des usages, la validation des parcours cliniques et la cohérence médicale des outils proposés.


À cela s’ajoute un maillon essentiel, souvent sous-estimé : les ingénieurs d’application.



Des ingénieurs d’application issus du terrain clinique

Chez Doctreen, l’accompagnement terrain est assuré par une équipe d’ingénieurs d’application directement issue de la manipulation radio et de la radiologie. Cette double expertise clinique permet de comprendre finement les usages réels, les contraintes quotidiennes et les enjeux de sécurité liés à l’utilisation d’outils numériques en pratique médicale, et d’assurer un lien constant entre la technologie et le terrain.


👉 Cette interface humaine est indispensable pour sécuriser l’usage réel d’un outil clinique.


Innovation responsable vs bricolage technologique

Il est légitime qu’un médecin s’intéresse à la technologie, qu’il teste, qu’il questionne. Mais l’innovation responsable en santé repose sur la collaboration, pas sur l’illusion de l’autosuffisance.


Les outils les plus fiables sont ceux qui résultent :

  • d’un dialogue étroit entre médecins et ingénieurs,

  • d’un développement porté par des équipes identifiées et structurées,

  • d’un cadre réglementaire assumé,

  • d’une responsabilité clairement définie.


À l’inverse, des solutions développées hors de ce cadre peuvent sembler agiles à court terme, mais elles fragilisent durablement les praticiens qui les utilisent.



Conclusion : en santé, la crédibilité passe par la structure


La médecine moderne a besoin d’outils performants, intelligents et adaptés au terrain.


Mais elle a surtout besoin d’outils :

  • développés par des équipes compétentes et identifiées,

  • hébergés dans des environnements conformes,

  • validés, traçables et assumés par des entreprises responsables.


👉 La responsabilité du compte-rendu médical est trop importante pour reposer sur des outils non structurés ou non homologués. Faire appel à des sociétés organisées, transparentes et conformes n’est pas un luxe : c’est une condition de sécurité pour les patients comme pour les médecins.



Qui sommes-nous ?

Doctreen est née de notre volonté de modéliser le raisonnement des experts dans des arbres de décision pour le rendre accessible à tous, et donner une nouvelle dimension à la connaissance.


Vous voulez en savoir plus ? Contactez-nous : contact@doctreen.com



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